APPARANCE

Madame Mao

Partager le Pouvoir avec le Président

Dans de nombreuses parties du monde et au fil de l'histoire, les femmes ont occupé des positions de leadership et ont été désignées comme des Dames de Fer, à cause de leur puissant mari. Jiang Qing était l'une de ces femmes, une femme qu'on a surnommée Madame Mao et qui, après le décès du Président, est tombée en disgrâce auprès du peuple chinois. Stefan R. Landsberger, Professeur de Culture Contemporaine Chinoise à l'Université d'Amsterdam, nous raconte en image l'incroyable histoire de l'ascension de Madame Mao au pouvoir et de sa chute tragique.
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Stefan R. Landsberger
Jiang Qing a dominé les arts chinois. Elle a en particulier essayé de réformer l'Opéra de Pékin. Elle a développé une nouvelle forme d'art appelée ‘oeuvres modèles' (yangbanxi) qui dépeignaient le monde dans des termes simples et binaires: tous les bons étaient des fermiers, des travailleurs et des soldats révolutionnaires qui chantaient et dansaient sur la scène. Tous les méchants étaient des propriétaires et des anti-révolutionnaires qui arboraient un maquillage sombre et traînaient leur ennui au bord de la scène. Le fait que Mao rayonne sur elle, et qu'elle tienne dans les mains le Livre Rouge de Mao n'est pas une coïncidence : son pouvoir était largement investi dans sa relation avec le Président. Agrandir >
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Stefan R. Landsberger
Avec le temps, Jiang a commencé à jouer un rôle politique de plus en plus actif dans le mouvement. Elle a pris part à la plupart des activités du Parti et du gouvernement. Elle était soutenue par un cercle radical, surnommé par Mao lui-même, la Bande des Quatre. Bien qu'elle ait été un membre important du Groupe de la Révolution Culturelle et une actrice majeure dans la politique chinoise de 1966 à 1976, elle est restée essentiellement dans les coulisses. Sa posture et son choix vestimentaire sur cette affiche rappellent Mao, qu'elle imitait. Agrandir >
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Stefan R. Landsberger
Jiang Qing est dépeinte comme un jeune homme en bonne santé et souriant à l'extrémité droite de cette affiche qui représente les principaux dirigeants de la Révolution Culturelle. Elle se trouve à côté de Chen Boda, le secrétaire privé de longue date de Mao (le second à partir de la droite). Les autres dirigeants sur cette affiche sont, depuis la gauche, Kang Sheng, chef des Services Secrets (et présumé ancien amant de Jiang); Zhou Enlai, Premier Ministre et Secrétaire d'Etat, Mao, Lin Biao, Secrétaire à la Défense et cerveau derrière le culte de Mao, Chen Boda, et enfin Jiang. Agrandir >
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Stefan R. Landsberger
Réalisée en 1976 et publiée un an plus tard, cette affiche peut être considérée comme une description allégorique de la déchéance de Jiang. Intitulée "Le Singe bat l'Esprit Blanc d'Os", cette affiche montre le Singe (qui personnifie le people chinois) vaincre l'Esprit Blanc d'Os, un démon de premier ordre, qu'on pensait être Jiang Qing. D'un point de vue chronologique, une telle interprétation de l'image est tout à fait appropriée. Cependant, des concepteurs d'affiche chevronnés tels que Ha Qiongwen et Qian Daxin pensent qu'il ne s'agit que d'une "pure coïncidence". Agrandir >
Après la fondation de la République Populaire de Chine en 1949, le gouvernement communiste a utilisé des campagnes d'affichage pour promouvoir la libération des femmes. La plupart de ces campagnes se sont concentrées sur le rôle des femmes dans le développement économique de cette nouvelle république. Les affiches avaient une fonction d'éducation explicite, celle de montrer aux femmes de nouvelles approches et techniques pour effectuer les différentes tâches qu'on attendait à présent d'elles. Cependant, les personnes qui occupaient les vraies positions d'autorité continuaient d'être les hommes.

Le plus puissant de ces hommes était, bien sûr, Mao Zedong. Il apparaissait régulièrement dans la propagande visuelle. Les femmes, par contre, occupaient rarement des positions de leadership aux plus hauts niveaux et étaient rarement représentées sur les affiches comme des dirigeantes politiques. Jiang Qing, la femme du Président Mao, était la plus éminente et célèbre de ces femmes.

Jiang Qing est née à Zhucheng, dans la province de Shandong, en 1914. Sous le nom de scène Lan Ping, elle a commencé une carrière d'actrice dans les années 30 à Shanghai, avec un succès relatif. Durant cette période, un ami proche l'a présentée à Mao Zedong. Bien que Mao ait été marié, il est tombé amoureux de cette actrice et a divorcé pour l'épouser en 1939. La direction du Parti a fortement désapprouvé ce divorce et ce re-mariage, qui était le troisième de Mao. Finalement, le Parti fut apaisé à la condition que Jiang Qing se limite au rôle de femme au foyer et s'abstienne de jouer un rôle quelconque en politique (y compris faire des apparitions en public avec lui) pendant vingt années.

Jiang Qing a été la secrétaire personnelle de Mao dans les années 1940 et a dirigé la Section Cinématographique du Département de la Propagande du Parti Communiste Chinois dans les années 50. Au début des années 60, elle a tenté de s'emparer du pouvoir pendant la Révolution Culturelle (1966-1976), qui a eu pour résultat un vaste chaos au sein du parti communiste.

En 1966, elle a été nommé sous-directrice du Groupe de la Révolution Culturelle et a réclamé un vrai pouvoir en politique chinoise pour la première fois. Elle est devenue l'un des cerveaux de la Révolution Culturelle et avec trois autres personnes, elle détenait le contrôle absolu sur toutes les institutions de la République. Devenue un personnage puissant de son propre droit, elle est apparue pour la première fois sur des affiches politiques. Elles y apparaissait austère et très masculine: son personnage public était principalement inspiré par l'esthétique militaire et prolétarien dominant. Dépeinte à côté d'hommes et un œil non averti n'aurait pas pu la distinguer. Elle portait les cheveux courts, cachés sous une casquette. Elle ressemblait beaucoup au Président.

A la mort de Mao en 1976, Jiang a perdu le soutien et la justification pour ses activités politiques. Quand elle fut arrêtée et condamnée à mort, de nombreux citoyens chinois, peut-être même tous, se sont réjouis. En janvier 1983, sa sentence a été commuée en prison à vie. Souffrant d'un cancer de la gorge, elle fut libérée sous caution pour traitement médical en mai 1991. Dix jours après sa libération, elle se serait suicidée.


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Jiang Qing , Madame Mao , Mao , Cultural Revolution , Chairman , Stefan R. Landsberger , Central Cultural Revolution Group , communism , Asia , Leadership , History , Asie , historia , liderazgo , histoire , القيادة , التاريخ , آسيا




Commentaires

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Utilisateur Supprimé

Rather than a comment, I am offering a piece of interesting trivia (and coincidence). My word of the day on dictionary.com today was "camarilla." This is the sentence they used to contextualize the word: "The arrest in October 1976 of Mao's radical camarilla, the so-called Gang of Four, led by his maniacal widow, Jiang Qing, was the second "liberation," delivering the Chinese from the most extreme forms of ideological conditioning." -- Willem Van Kemenade, China, Hong Kong, Taiwan, Inc.

Jennifer Serna
Etats Unis

This comment is on Madame Mao. I find it ironic that while the Chinese Communist party promoted equality most women were excluded from Politics. I had learned about China's Culture Revolution when I took Comparative Politics, however I was unaware that Mao's wife had such a powerful in the government.

hmm...I have a hard time with the phrase "tragic downfall". The only thing that was tragic about it was that she wasn't killed earlier in the same way that she inflicted on so many people - especially artists and teachers - by torture and starvation. Good riddance!

唧唧歪歪的鼠辈,看看人们的呼声吧:
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