RELIGION

Un Rideau Entre les Mondes

Georgina Choueiri Peint le Voile

Pour de nombreuses personnes du monde occidental, le port du hijab, ou voile, par les Musulmanes est une tradition mystérieuse et controversée. L'artiste Georgina Choueiri-née pendant la Guerre Civile au Liban et élevée à Beyrouth, aux Etats Unis et en Espagne - a aussi été intriguée par cette coutume.

Dans sa série de tableaux et de peintures murales lumineuses intitulées Le Voile, Georgina Choueiri explore cette vision de l'intérieur et de l'extérieur.

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Georgina Choueiri
Fresque Murale Voiles, Acrylique, Peinture en Bombe et Tissu, 7x4m, 2006 Agrandir >
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Georgina Choueiri
Détail, Fresque Murale Voiles Agrandir >
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Georgina Choueiri
Voiles Bleus 1, Acrylique & Peinture en Bombe sur Toile, 70x120cm, 2004 Agrandir >
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Georgina Choueiri
Détail, Fresque Murale Voiles Agrandir >
"Ayant grandi dans un milieu arabe chrétien et ayant vécu la moitié de ma vie dans une culture occidentale, le voile était un rideau entre nos mondes", écrit l'artiste Georgina Choueiri. "Je ne parvenais pas à comprendre pourquoi ces femmes devaient se couvrir, ne laissant aux autres que la vue de leurs yeux sombres et profonds. Pourquoi était-il interdit à une femme de se révéler au monde extérieur ? Pourquoi devait-elle être cachée comme une sorte d'oiseau fragile dans une cage dorée?"

Entre 1999 et 2001, Georgina a traversé l'Afrique du Nord et le Moyen Orient pour arriver au Pakistan pour son travail, interviewant des femmes portant le voile. « J'ai pu entrer dans la vie privée de nombreuses femmes que je n'aurais pas eu la chance de rencontrer autrement. Cela a aidé à briser les barrières établies jadis par ce morceau de tissu".

A son retour chez elle Georgina, qui a étudié l'art au Liban et en Espagne, a été artistiquement attirée par le voile. Enfin elle s'est dévouée complètement à ce sujet, créant une série de peintures acryliques et de fresques murales mixtes de femmes portant le voile. "Je suis inspirée par des matériaux trouvés, un jour, j'ai trouvé des voiles transparents laissés dans un sac dans la rue ; ils avaient même la forme d'une femme voilée. Cela a été le début de la série Le Voile", explique Georgina. La qualité éthérée de ces images conserve le mystère de la femme voilée, mais aussi sa douceur et sa force subtile et révèle également un sentiment d'humanité et l'affection que l'artiste porte à son sujet.

Vivant actuellement à Beyrouth, Georgina réfléchit sur elle-même en tant qu'artiste, ainsi que sur les origines et l'impact de sa série Le Voile.

Comment êtes-vous devenue artiste? Quels sujets vous attirent le plus?

 

Je me posais beaucoup de questions existentielles et j'ai ressenti un besoin de les peindre. Il y a six ans, j'ai quitté ma vie et mon emploi à Beyrouth et je suis partie à Barcelone pour peindre. Barcelone était une ville tellement pleine d'inspiration ; elle m'a ouvert les yeux sur de nombreuses formes d'expressions artistiques. J'étais particulièrement intéressée par l'exploration de mon monde intérieur. Un des sujets qui revenait à la surface était le voile - l'expérience et les impressions que j'ai eues d'avoir vécu dans le monde arabe demandaient à s'exprimer.

Ayant grandi dans un foyer chrétien, pourquoi avez-vous considéré que le hijab était un sujet important que vous deviez explorer?


Il était important pour moi de défier ma propre perception et de briser les stéréotypes associés au voile. Cela m'a fait reconsidérer les barrières - non seulement physiques, mais aussi religieuses, sociales, politiques et psychologiques - qui entouraient cette pièce d'étoffe.

Vous avez interviewé des femmes en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis, au Pakistan, en Syrie et au Liban. Qu'en avez-vous appris? Est-ce que vos conversations avec ces femmes ont influencé la façon dont vous avez appréhendé cette série?

 

Avoir eu la chance d'interviewer de nombreuses femmes qui portaient le voile était un élément important pour apprendre leur version de l'histoire. J'ai découvert que certaines considéraient que le voile leur apportait plus de respect et de liberté, par exemple du fait d'être considérée comme un symbole sexuel, ce qui, selon elles, était un problème auquel de nombreuses femmes sont confrontées dans la culture occidentale.

Est-ce que ce projet a changé votre vision du voile comme symbole religieux et politique ?

 

Je pense qu'une femme devrait avoir le droit de choisir si elle veut ou non porter le hijab et non que ce soit une chose qui lui soit imposée par des lois religieuses interprétées par des hommes - il n'est dit nulle part dans le Coran qu'une femme doit porter le hijab et le peu qui est dit sur la question est sujet à interprétation. Cela devient une extension de nombreux autres problèmes autour des droits des femmes arabes.

Pourquoi pensez-vous que la peinture soit une façon tellement efficace d'explorer et d'exprimer les complexités de ce sujet?

 

Les mots peuvent être très limitant lorsque l'on essaie de véhiculer certaines émotions ou impressions. En ce qui concerne la série Le Voile, le processus entier fut une réflexion sur le thème. Je n'essayais pas de dire quelque chose de spécifique, je ressentais juste un besoin d'explorer le sujet. L'art me donne la liberté de le faire, sans le poids que les mots peuvent porter.

Vous avez exposé vos œuvres dans une petite exposition murale de groupe à La Santa à Barcelone et ensuite plus tard vous avez exposé vos peintures sur le voile à Beyrouth. Avez-vous perçu une différence distincte dans la réaction à l'exposition de votre œuvre à Beyrouth comparé à Barcelone ?

 

A Barcelone, le public regardait ce sujet avec une curiosité extérieure - dans un monde très loin du leur, le voile reste un rideau entre les deux mondes. A Beyrouth, un pays arabe, le sujet est local. Parmi les personnes qui ont visité l'exposition, peu portaient le voile, et c'est avec ces personnes que j'ai eu les conversations les plus intéressantes sur le sujet.

De retour à Beyrouth, Georgina travaille actuellement sur un court métrage sur les femmes et la guérison spirituelle au Moyen Orient et dans l'Afrique Sub-saharienne. Elle continue d'exposer ses peintures dans des galeries de Beyrouth.


Back in Beirut, Georgina is currently working on a short documentary film about women and spiritual healing in the Middle East and Sub-Saharan Africa. She continues to exhibit her paintings in galleries in Beirut.

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Balises :

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Commentaires

Raiefa Barends
Afrique du Sud

"I think it should be the woman's right to choose whether or not to wear the hijab, and not something imposed on her by religious laws interpreted by men - nowhere in the Quran does it say that a woman must wear a hijab and the little that is mentioned on the matter is subject to interpretation. That becomes an extension of many other issues around the rights of Arab women."

Using the above quotes, I do say, as a muslim woman the law of the Quran is clear regarding muslim women needing to cover up and wear hijab. It is compulsory for the hijab to be worn, the small space for interpretation is at the point of whether the face and the hands are included when covering up, and according to the many Islamic legal sources it needs to be closed up.

These beautiful pieces remind me of a blog I once wrote:

I love public radio (NPR)! I have listened for years since my college recruiting days in Tennessee in the late 80's. Over the past few months I have listened to interviews and commentaries on the wearing of Hijabs and veils by Muslim/Islamic females. I support these women's ability to embrace their culture and religious preference, something many Americans have begun to view as un-patriotic or un American. One of the aspects of being American is the promotion of its "freedom" of expression and religious practices. Today, one has to wonder if we still hold this cornerstone aspects of America valid. America was founded on such "freedoms", but you would not know it today by the numerous discussions over women wearing hijabs and then going so far as to put these women on trial who chose to wear the hijab or veils.. The conversations around such "freedoms" make me wonder if we as "Americans" still believe in our choices and rights or not.
I have yet to hear of anyone bringing any Catholic nuns before our court system to explain their Hijabs! We have witnessed Catholic nuns for centuries wearing their religious hijabs which promotes the Catholic religion without public outcry or rejection. How is this different from Muslim women wearing theirs?
The recent objections and public hearings are simply oppression tactics to continue to tell women what they can and cannot do in the world. Shame on America for pretending to be tolerant but actually becoming more oppressive daily. All women will need to listen to these conversations and wonder what aspect of woman will be chosen as a "hunt" next. Women in America must continue to respect our religious preferences and choices even if others don't. We must not be "handled" and used for politcal gain and religious oppression that are obviously growing in our "free" society.
Reference the beginning foundation of country. Remember that we use to hold dear our "freedom" to practice our chosen religions. Abandon FEAR and the well organized oppression of women their choices.

amanda
Singapour

Dear International Museumof Women,

I am enlightened by your works and how they contribute to broadening the perspectives of many. What an inspirational work for society you are doing !

I wanted to get in touch as I thought your artists might be interested in applying for the Freedom to Create Prize, an international celebration of the power of art to promote social justice, build the foundations for an open society and inspire the human spirit. Last year, over 1,000 artists entered from more than 80 countries. You are more than welcomed to let your networks know about the prize too.

The Prize consists of three categories: the Main Prize, open to individuals or artistic groups in all creative fields; the Imprisoned Artist Prize, focusing on artists who are currently imprisoned for their artwork and the Youth Prize which is open to artists under the age of 18. The total prize fund is US$ 125,000 which will be divided between the winning artists and their nominated advocacy organisations to further the cause their artwork has highlighted.

We would love to get an entry from you ! And of course, from any of the artists in your networks.. Simply go to http://www.freedomtocreate.com/Prize-Apply.asp to apply. It’s very easy I promise!!

Aside from the Prize, Freedom to Create works to share entrants’ talents with the rest of the world. In addition to our exhibitions in London and New York, we also have a global touring exhibition. Most recently, we have showed at HIFA in Harare, Zimbabwe and at the Queen’s Palace in Kabul, Afghanistan. All entrants will also be considered for our huge festival we are planning in Africa for November, when we announce the Prize winners and celebrate the inspiration of this year’s artists.

If you have any questions, please don’t hesitate to email me – my email is ajf@freedomtocreate.com


Thank you!

Amanda




That is really interesting. I have never really thought about doing art work for Muslim women. This art is beautiful though. A little eerie but also very well done. I really appreciate you sharing this! Thanks so much! www.beirut.com


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